Parler d’un défunt : comment s’y prendre ?

La perte d’un proche parent ou d’un être cher est une étape difficile et souvent douloureuse. Chaque personne réagit différemment face au deuil. Cependant, à travers toutes les étapes du deuil, parler du défunt, de sa vie, raconter des anecdotes ou encore des habitudes et des goûts de la personne disparue est un bon moyen d'alléger la souffrance ressentie. Voici quelques conseils pour parler d’un défunt.

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Comment parler d’un défunt juste après sa mort ?

Le deuil est un état psychologique qui suit la perte d’une personne importante dans la vie de quelqu’un. La perte d’un être cher n’est jamais facile à surmonter. A l’annonce d’un décès, il est généralement difficile de parler de l’être disparu sans être submergé par les émotions. Chaque personne réagit différemment : colère, sensation de vide, culpabilité, déni, tristesse, anxiété…

Cependant, il est essentiel de ne pas se forcer à évoquer le défunt et d’en parler tout juste après l’annonce du décès. Dans cette étape cruciale du deuil, les personnes affectées par la disparition d’un être cher doivent prendre le temps d’accepter la nouvelle et de s’habituer progressivement à leur vie sans la présence de l’être disparu. Dans cette phase, certaines personnes auront du mal à parler du défunt, à l’évoquer ou à évoquer son nom. Ceci est tout à fait normal à cette étape, et il convient de l’accepter en évitant de brusquer les choses ou à forcer la personne endeuillée à en parler. L’entourage de la famille du défunt doit aussi veiller à utiliser les bons mots et à agir en toute discrétion en évitant de soulever les problématiques gênantes ou de dire du mal de la personne décédée devant les membres de la famille.

Parler d’une personne décédée : laisser le temps agir

On dit que « le temps guérit les blessures », que parfois, la seule chose à faire est de laisser passer le temps, en s’accrochant jour après jour, pour que les blessures guérissent petit à petit d’elles-mêmes. Il y a une part de vérité dans cette phrase, car la perte d’un être aimé, en particulier lorsque le deuil survient soudainement, nécessite du temps pour être surmontée. Cependant, cette croyance peut véhiculer une fausse idée selon laquelle les blessures guérissent d’elles-mêmes sans que la personne ne fasse quoi que ce soit.

Le deuil et la perte d’un être cher doivent être considérés de la même manière que n’importe quelle blessure physique, c’est-à-dire qu’ils doivent être désinfectés et traités. Parfois, on croit que les blessures émotionnelles, contrairement aux blessures physiques, nécessitent moins de traitement et guérissent d’elles-mêmes. En réalité, ce n’est pas le cas et ce sont souvent ces blessures émotionnelles qui demandent le plus d’attention.

Il est d’une importance fondamentale d’accepter la perte de l’être cher disparu, au risque que la plaie ne guérisse qu’en surface et se réouvre au moment de pertes similaires. Les gens ont de grandes ressources en eux-mêmes pour pouvoir surmonter la perte d’un être cher, mais si cela ne suffit pas, la parole est cruciale pour extérioriser ses émotions et accepter peu à peu cette perte. Il ne faut donc pas hésiter à parler du défunt, évoquer son nom, parler de ses habitudes, des anecdotes et des moments partagés ensemble en famille, avec les proches ou avec ses amis.

 

 

Acceptation et importance de la parole

L’objectif du processus de deuil est d’aboutir à l’acceptation de la perte. Le moyen d’y parvenir est de transformer le traumatisme et la douleur en une expérience narrative, c’est-à-dire de pouvoir parler de ce que l’on a vécu pour lui trouver une place dans sa mémoire. Si vous ne parvenez pas à transformer la douleur en parole, la perte continuera à être revécue comme si l’événement se répétait et, par conséquent, continuera de causer de la douleur.

Voici quelques conseils pour surmonter la douleur associée au deuil :

  • Ne réprimez pas ou ne cachez pas vos émotions en prétendant qu’elles n’existent pas, car en réalité, elles ne disparaissent pas, elles ont plutôt tendance à se cristalliser davantage. Nous devons être conscients de ce que nous ressentons et, surtout, il est important d’essayer de comprendre pourquoi nous nous sentons ainsi. Exprimer librement ses émotions à un énorme pouvoir cathartique,
  • Acceptez ce qui s’est passé, aussi difficile que cela puisse être. Surmonter la première phase du traitement de la perte, c’est-à-dire le déni, est d’une importance fondamentale pour pouvoir vivre pleinement les émotions liées à l’événement. Nier ce qui s’est passé ne fera que vous empêcher de guérir,
  • Arrêtez de chercher du sens et apprenez de la perte. Parfois, il y a des choses dans la vie auxquelles on n’arrive pas à donner un sens et, surtout, qui peuvent sembler injustes. Continuer à se demander pourquoi cela est arrivé est susceptible de vous laisser dans une impasse. Il faut au contraire trouver le moyen d’apprendre de la situation et de cette douleur pour essayer de devenir plus fort,

Lorsque vous pouvez parler ou penser à ce qui s’est passé sans souffrir terriblement, cela signifie que la blessure est enfin cicatrisée. Cela ne veut pas dire que le souvenir de l’événement ou de l’être aimé ne provoquera plus d’émotions comme la tristesse ou la douleur, mais que ces émotions ne  vous blesseront plus autant.