Nécrologie
de Jean-Loup Dabadie

Jean-Loup Dabadie, un célèbre parolier nous quitte

Jean Loup Dabadie, personnalité publique aux multiples casquettes, est décédé le 24 mai 2020 à Paris, à l’hôpital Pitié-Salpêtrière à l’âge de 81 ans. Il était surtout connu en tant que parolier ayant travaillé avec de grands noms de la chanson française. Il est reconnu comme un véritable homme de lettres françaises, devenu un académicien en 2008.

Jean-Loup Dabadie, ses talents d’écriture

Né à Paris le 27 septembre 1938, Jean Loup Dabadie est le fils de Marcel Dabadie, également parolier. S’il passe son enfance avec ses grands-parents à Grenoble, il décide de poursuivre ses études à Paris et après son baccalauréat, il rejoint des études de lettres. Passionné par l’écriture, il publie son premier roman en 1957, « Les yeux secs » à l’âge de 19 ans seulement. L’année suivante, il publie « Les Dieux du foyer ». En parallèle, Jean Loup Dabadie entame une carrière dans le journalisme et participe ainsi à la création de la revue « Tel Quel » avec Philippe Sollers et Jean-Edern Hallier. Il est alors critique pour films et effectue des reportages pour la revue « Arts ». Jean Loup Dabadie se met également à travailler pour la télévision, dès 1962. Il y fait la rencontre entre autres de Guy Bedos avec qui il va faire équipe pour les émissions « Histoire de sourire » et « Les raisins verts ». C’est pendant son service militaire qu’il écrit les sketches tels que « Bonne fête Paulette » et « Le boxeur » que Guy Bedos interprètera à la télé pour la première fois en 1963. Une nouvelle collaboration s’installe alors entre les deux et Jean Loup Dabadie va lui continuer à écrire de nouveaux sketches, tout comme plus tard, il le fera pour Sylvie Joly, Pierre Palmade, Muriel Robin et Michel Leeb. En 1984, il reçoit d’ailleurs le grand prix SACEM pour ses sketches. Il était également l’auteur de scénarios et de dialogues de film français dont les plus marquants sont « Les choses de la vie » et « La Gifle » pour lesquels il a recevra le prix Louis Delluc en 1969 et 1974. Il recevra également le prix Jean Le Duc en 1972 pour « César et Rosalie », mais aussi pour « La gifle ». Pendant cette période il est amené à travailler avec Claude Sautet, Claude Pinoteau ou encore François Truffaut. Touche à tout, il s’exprime aussi au théâtre en devenant l’auteur de « La famille écarlate », « Je ne suis pas un homme facile », « D’Artagnan », ou encore « Fans, je vous aime ». Il adaptera également des pièces, et à ce titre, il a reçevra le prix Molière de l’Adaptateur en 1987 pour « Deux sur la balançoire »

Jean-Loup Dabadie, parolier reconnu et académicien

Amoureux des mots, Jean Loup Dabadie a commencé à écrire des chansons dès 1967. Et c’est sur la musique de Jacques Datin qu’il posera ses premiers mots de parolier pour le titre « Le petit garçon » de Serge Reggiani. C’est également à lui que Régine fera appel pour se créer un répertoire. Mais sa plus longue collaboration s’est faite avec Michel Polnareff qu’il a rencontré en 1969, année durant laquelle il lui a écrit « Tous les bateaux, tous les oiseaux » et « Ring a ding ». En 1972, le titre « On ira tous au paradis » a reçoit le prix Vincent Scotto, un prix de la meilleure chanson populaire. Une autre rencontre déterminante est celle qu’il a faite avec Julien Clerc et pour qui il écrira « Le cœur trop grand pour moi » en 1976 et « Ma préférence » en 1978. Leur collaboration va se poursuivre sur une dizaine d’albums. D’autres noms de la chanson française feront appel à Jean Loup Dabadie comme Yves Montand, Mireille Mathieu, Dalida, Claude François, ou encore Barbara, Juliette Gréco,Marie Laforêt, Sacha Distel, Nicoletta… et plus tard pour Johnny Hallyday, Liane Foly, Elsa, Didier Barbelivien. En 2000, Jean-Loup Dabadie reçoit le grand prix de la chanson française (parolier) par la SACEM et en 2009 la Victoire de la musique d’honneur pour l’ensemble de son œuvre. Jean-Loup Debadie connaitra néanmoins un échec en 1989 lors de l’élection pour intégrer l’Académie Française. C’est seulement le 10 avril 2008, presque dix ans plus tard, qu’il sera élu au fauteuil n°19, celui de Pierre Moinot. Cette élection lui permettra d’accentuer le lien entre le cinéma et l’académie. C’est en 2009 qu’il sera reçu par ses pairs. Année également de publication de son dernier livre « Conversations avec Jean-Loup Dabadie ». Le décès de Jean-Loup Dabadie est pleuré par de nombreux artistes. Nicolas Bedos, fils de Guy Bedos, qui le considère comme son parrain lui rend hommage sur son compte Instagram avec des mots touchants : « Mon parrain bien-aimé qui s'en va, sans prévenir, en chantant... Tu m'as tellement appris... Putain de temps ! Bravo, bravo. Je t'aime ».