Nécrologie de Jean-Pierre Bacri

Mort de Jean-Pierre Bacri des suites d’un cancer.

Jean-Pierre Bacri, son décès

Jean-Pierre Bacri, acteur, scénariste et dramaturge français, est décédé ce lundi 18 janvier 2021 à Paris. Il était malade d’un cancer. Jean-Pierre Bacri, était plusieurs fois récompensé, aussi bien au théâtre qu’au cinéma. Il avait 69 ans.

Jean-Pierre Bacri est plusieurs fois récompensé en tant qu’acteur et scénariste.

Jean-Pierre Bacri, de ses débuts à la notoriété

Jean-Pierre Bacri est né le 24 mai 1951 à Castiglione (l’actuel Bou Ismaïl), en Algérie. Il y découvre le cinéma grâce au travail de son père, ouvreur de cinéma le week-end. Lorsque la famille s’installe en France, à Cannes, en 1962, il compte suivre des études pour devenir enseignant. Mais, lorsqu’il déménage à Paris, alors âgé de 25 ans, il change d’avis et décide de travailler dans la publicité. Pour gagner sa vie, il devient placeur à l’Olympia et suit parallèlement des formations d’acteur. Entre-temps, il écrit ses premières pièces de théâtre et c’est ainsi, qu’en 1977, sa première pièce, Tout simplement, est jouée puis, l’année suivante, Le Timbre. Il fait sa première apparition à la télévision, en 1978, dans la série Les enquêtes du commissaire Magret. Et, en 1979, il obtient son premier rôle au cinéma dans le film Le Toubib. La même année, il écrit une pièce de théâtre, Le Doux visage de l’amour, et obtient sa première récompense, le Prix de la fondation de la vocation. Il fait des apparitions à la télévision et dans des courts métrages. Il connait son premier succès au cinéma avec le film Le grand Pardon (1981). Les années suivantes, il n’obtient que des seconds rôles, même s’il travaille aux côtés de grands noms du cinéma : Lino Ventura, Christophe Lambert, Luc Besson… Son rôle dans le film Subway (1985) lui vaut une nomination au César du meilleur acteur dans un second rôle. Jean-Pierre Bacri se trouve, par la suite, en tête d’affiche dans L’Été en pente douce (1987), Les Saisons du plaisir (1988), Mes meilleurs copains (1989), La Baule-les-Pins (1990). Il continue également d’écrire des pièces de théâtre – Le grain de sable (1981) – et à jouer sur scène – Mort un dimanche de pluie, 1986. Il fait également des apparitions à la télévision.

Jean-Pierre Bacri, ses années de gloire

En 1987, Jean-Pierre Bacri rencontre Agnès Jaoui. Ils forment un couple jusqu’en 2012. Ensemble, ils écrivent Cuisine et dépendances (1991), adapté au cinéma en 1993. La pièce leur permet également de remporter le Molière de l’auteur. Leur collaboration se poursuit et le succès également : César du meilleur scénario pour Smoking/No Smoking (1994), César et Prix Lumière du meilleur scénario pour Un air de famille (1997), César du meilleur scénario pour On connaît la chanson (1998). Jean-Pierre Bacri est plusieurs fois récompensé en tant qu’acteur et scénariste : César du meilleur second rôle, César et Prix du cinéma européen du meilleur scénariste pour Le Goût des autres (2001), Prix du meilleur acteur au Festival du film de Cabourg. En 2000, il reçoit l’Étoile d’or du premier rôle masculin pour son interprétation dans le film Kennedy et moi (1999). Il s’illustre dans plusieurs registres, dont des comédies romantiques où il campe des personnages souvent bougons et râleurs, mais toujours sympathiques. En 2008, il écrit de nouveau avec Agnès Jaoui, Parlez-moi de la pluie, film dans lequel il joue aux côtés de Djamel Debbouze notamment. Il tend également la main aux jeunes scénaristes et n’hésite pas à tourner pour eux (Nassim Amaouche, Raphaël Jacoulot). En 2013, il donne la réplique à Agnès Jaoui dans Au bout du conte, une comédie hilarante. Puis, il disparait du devant de la scène pour ne revenir qu’en 2015, dans La vie très privée de Monsieur Sim. En 2018, il signe de nouveau un film avec Agnès Jaoui, Place publique. Il fait sa dernière apparition au cinéma en 2019 dans Photo de famille.

Jean-Pierre Bacri était sans conteste, avec Agnès Jaoui, passé maître dans l’écriture de comédies grinçantes. Le public se souviendra encore longtemps de ses personnages dépressifs ou tristes, mais toujours attachants. Avec son départ, le monde du cinéma perd une de ses grandes figures.