Nécrologie
de Robert Herbin

Robert Herbin, le joueur

Robert Herbin, surnommé « le sphinx », ancien joueur et entraîneur de football de l’AS Saint-Étienne, est décédé lundi dernier à Saint-Étienne. Hospitalisé depuis la semaine dernière, sans lien avec le coronavirus, il est mort des suites des complications cardio-respiratoires. Il avait 81 ans.   Né à Paris le 30 mars 1939, Robert Herbin est attiré par le football dès son plus jeune âge. Il intègre le Cavigal de Nice, un club omnisports où il montrait déjà ses talents. Son rêve était d’intégrer le club local de foot, l’OGC Nice ou Olympique Gymnaste Club de Nice, l’une des meilleures équipes françaises à l’époque. Mais cela ne s’est pas fait, et heureusement pour lui. En effet, suite à cela, il intègre l’AS Saint-Étienne. C’était l’année de ses 18 ans, en 1957, où très vite, il s’affirmait en tant qu’arrière avant de s’être fixé en milieu défensif. Encore surnommé le Rouquin, il était déjà considéré comme l’un des grands espoirs de football français. Il se démarquait déjà par son aisance avec le ballon, sa détente et ses frappes de balles. Rapidement, il est devenu l’un des piliers de l’équipe qui l’a vu jouer 492 matchs et 98 buts de 1957 à 1972. Rappelons que L’AS Saint-Étienne était quadruple champion de France consécutif de 1967 à 1970.

Il est devenu l’un des piliers de l’équipe qui l’a vu jouer 492 matchs et 98 buts de 1957 à 1972

Robert Herbin, l’entraîneur

Son jeu et son intransigeance lui ont valu d’être rapidement sélectionné en équipe de France, dès 1960, pour laquelle il a joué 23 fois et marqué 3 buts. La même année, les bleus se sont ainsi classés en 4ème position à l’issue du Championnat d’Europe et ont participé à la Coupe du monde en Angleterre en 1966. En 1972, Robert Herbin succède à Albert Batteux, en tant qu’entraîneur des Verts. Il était à l’époque l’un des plus jeunes entraîneurs de foot de France. Du haut de ses 33 ans, il a bousculé la formation de son équipe, a recruté de jeunes joueurs dont les plus connus sont Dominique Rocheteau ou encore Michel Platini et l’a amené sur le haut des podiums. Ce qui ne pouvait tout simplement pas laisser de marbre les amateurs de foot à l’époque où les équipes françaises étaient malmenées en Europe. C’est avec sa légendaire exigence et ses plans tactiques que Robert Herbin a fait briller les Verts en ayant rapporté respectivement, en tant qu’entraîneur, 4 et 3 fois le Championnat et la Coupe de France. En 1975, alors que l’équipe joue face à Troyes, Robert Herbin s’offre le luxe de tirer un penalty, offrant à l’ASSE son 5e but. Il était le seul entraineur en exercice à avoir marqué un but ! Et aucun n’oubliera leur exploit en arrivant à la finale de la Coupe des clubs champions en 1976 à Glasgow. Un match perdu face au Bayern de Munich en raison des tristement célèbres poteaux carrés. Son palmarès lui a valu d’être élu Entraineur français de l'année par France Football en 1973 et en 1976. En 1983, limogé du club, il deviendra l’entraîneur de trois autres équipes : Olympique Lyonnais, Al-Nasr Riyad et RC Strasbourg ; avant d’y revenir en 1987 sans connaître le même succès qu’avant. Il va démissionner en 1990 pour intégrer la Fédération française de football, au sein du Conseil fédéral. Peu bavard aussi bien sur le banc qu’au dehors des terrains, Robert Herbert a été surnommé « le Sphinx ». Il aura à jamais marqué l’histoire du football français, comme le témoigne Bernard Caïazzo, le président du conseil de surveillance de Saint-Étienne, dans son hommage : « Si la France a pu conquérir une place de grande nation du football, c’est grâce à des hommes comme Robert Herbin, qui ont été les pionniers d’un renouveau inespéré à l’époque ».