Nécrologie
de Pierre Bénichou

Pierre Bénichou, sa carrière au sein du Nouvel Observateur

Pierre Bénichou, est décédé d’une mort naturelle dans la nuit du lundi à mardi à son domicile, à Paris, à l’âge de 82 ans. Journaliste et chroniqueur des « Grosses têtes » sur RTL, c’est une grande figure du monde télévisuel et radiophonique qui tire sa révérence. Né le 1er mars 1938 à Ouran dans l’Algérie française, Pierre Daniel Bénichou est le fils d’un professeur de philosophie, André Benichou, et neveu de l’historien de littérature Paul Bénichou. Sa mère, Mathilde, est la sœur du meilleur ami et collaborateur de François Mitterrand. C’est à l’âge de 9 ans que la famille arrive à Paris. Pierre poursuit des études à la Sorbonne, mais a vite abandonné pour se tourner vers le journalisme. Sa carrière démarre à Paris Jour, en 1959, en tant que rédacteur puis comme grand reporter à Jours France, deux ans plus tard.

Pierre Benichou est surtout connu comme faisant partie de la bande des « Grosses têtes »

Pierre Bénichou, de rédacteur à directeur délégué

Il devient rédacteur en chef adjoint du mensuel Adam avant d’en devenir le rédacteur en chef en 1966 pour un an. Il est sollicité par le Nouvel Observateur qu’il intègre en tant que rédacteur en chef seulement en 1968 en raison de sa position politique, en opposition avec les dirigeants de l’époque. Il écrit quelques articles sur des faits de société, et fait quelques interviews et portraits, dont celui de François Mitterrand. Promu rédacteur en chef en 1978, il se lance dans l'interview indiscrète à travers laquelle il fait connaître des personnalités. Il devient le directeur adjoint en 1985. C’est à ce titre qu’il reçoit le prix de la Fondation Mumm qui récompense la presse écrite en 1994. Il est ensuite devenu le directeur délégué en 1996.

Pierre Bénichou, un chroniqueur qui n’a pas sa langue dans la poche

Pierre Benichou est surtout connu comme faisant partie de la bande des « Grosses têtes ». Il a intégré l’émission radiophonique, en 1990, du temps de Philippe Bouvard, sur RTL, où il était déjà apprécié pour son humour naturel. Membre sociétaire de l’émission, il en fait de nouveau partie depuis que Laurent Ruquier en a pris les rênes depuis 2014. Ce dernier le considère d’ailleurs comme un pilier de l’émission, un génie avec un don naturel pour faire rire. Laurent Ruquier l’a d’ailleurs recruté en tant que chroniqueur dans ses diverses émissions radiophoniques et télévisées sur Europe 1 : « On n’va pas se gêner », « On a tout essayé », « L’émission pour tous » ou encore « On n’a pas tout dit ». C’est d’ailleurs les propos de Pierre Bénichou tenus au cours de cette dernière émission qui a valu à Europe 1 d’avoir été mise en garde par deux fois par la CSA, à la demande de l’ambassadeur de Pologne. Il a également collaboré avec Michel Drucker sur l’émission « Vivement Dimanche » de 2001 à 2003.

Pierre Bénichou, comédien et scénariste peu reconnu

Artiste dans l’âme, Pierre Bénichou était un peu un touche-à-tout. Il se retrouve, en 1959 et par le pur des hasards, à jouer dans un film intitulé « Pêcheur d’Islande », alors qu’il était sur place pour l’interview de Jean Claude Pascale alors en plein tournage du film. Il monte également sur les planches. En 2004, Laurent Ruquier, son ami de toujours, lui offre le personnage principal de la comédie qu’il a écrite, « Grosse chaleur ». Il co-écrit le scénario du film « Turf » avec Alain Chabat, Manu Booz et Philippe Guaillard, sorti en 2010. Dans le film « Tu veux ou tu ne veux pas » sorti en 2013, il tient le rôle de l’amant du personnage principal interprété par Sylvie Vartan. La scène sera cependant coupée au montage. Reconnu par les autres chroniqueurs comme un As de la dérision, le décès de Pierre Bénichou laissera un vide sur le tableau audiovisuel. Drôle, intelligent et sensible, le monde télévisuel et radiophonique rend un hommage émouvant dont le nom figure déjà dans le Quid depuis 2006.