Nécrologie de Valéry Giscard d’Estaing

Valéry Giscard d'Estaing est décédé des suites du Covid-19.

Valéry Giscard d'Estaing, son décès

Valéry Giscard d’Estaing, communément désigné par ses initiales VGE, ancien président de la République française, est décédé le 2 décembre 2020. Il est mort des suites du Covid-19, entouré de sa famille, dans sa propriété d’Authon (Loir-et-Cher). Élu à l’âge de 48 ans, il était alors le plus jeune président à l’Élysée. Auteur de plusieurs essais et romans, il a été élu à l’Académie française en 2003. Il avait 94 ans.

Son mandat présidentiel se distingue par la mise en place de plusieurs réformes.

Valéry Giscard d’Estaing, sa carrière politique

Valéry Giscard d’Estaing, de son nom de naissance Valéry René Marie Georges Giscard d’Estaing, est né le 2 février 1926 à Coblence, en Allemagne. Il est issu d’une famille bourgeoise avec des ascendants qui se sont illustrés dans la politique. Un double bac en poche à l’âge de 15 ans (philosophie et mathématiques), il s’engage dans l’armée et reçoit la croix de guerre. Il poursuit ses études et obtient, en 1951, son diplôme de l’École polytechnique et de l’ENA. Dès lors, il occupe des postes dans l’administration. D’abord adjoint puis inspecteur des finances, il est à 29 ans, directeur adjoint au cabinet du président du Conseil, Edgar Faure. En 1956, il est élu député du Puy-de-Dôme et nommé la même année membre de la délégation française à la XIe session de l’Assemblée générale des Nations unies. De 1958 à 1974, il est élu, sans discontinuité, conseiller général du canton de Rochefort-Montagne. Par la suite, il est nommé ministre des Finances et des Affaires économiques, sous la présidence du général de Gaulle (1962-1966) et de Georges Pompidou (1969-1974). Entre-temps, il est réélu député du Puy-de-Dôme et Président de la commission des finances, de l’économie générale et du plan de l’Assemblée nationale (1967 à 1968), ainsi que président du conseil de l’Organisation de coopération et de développement économiques (1970). Il se présente à la présidentielle et est élu pour un mandat en1974. Son mandat présidentiel se distingue par la mise en place de plusieurs réformes : majorité à 18 ans, droit à l’avortement, instauration du collège unique, réforme de l’audiovisuel dont la fin de la censure politique ou économique dans le cinéma français, et du Conseil Institutionnel ainsi que l’assouplissement du divorce. Son mandat est taché par un scandale (1979) qui écorne alors son image et qui contribue à sa défaite à sa réélection : l’affaire des diamants (diamants qu’il a reçus du dictateur centre-africain Jean-Bedel Bokassa alors qu’il était ministre).

Valéry Giscard d’Estaing, l’après Élysée

Comme tout président sortant, Valéry Giscard d’Estaing est d’office membre du Conseil constitutionnel, mais il refuse d’y siéger jusqu’en 2004. Il est le dernier à bénéficier de cette fonction. Il revient à un parcours politique local et est de nouveau élu conseiller général du Puy-de-Dôme (1982). En 1984, il est de nouveau élu député de département, et reconduit jusqu’en 1997. En 1986, il refuse le poste ministériel proposé par le premier ministre en place pour constituer un gouvernement de cohabitation. Il est également nommé Président du Conseil régional d’Auvergne (1986-2004). Il préside la commission des Affaires étrangères de la chambre basse pendant deux ans, pour ensuite siéger au Parlement européen avant de revenir à la présidence de la commission (de 1993 à 1997). De 1988 à 1996, Valéry Giscard d’Estaing prend la tête du parti politique UDF. Par la suite, il est nommé président du Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE). En 2000, il propose une loi pour un quinquennat présidentiel en France. L’Europe est au cœur de ses projets et, en 2001, il est nommé à la tête de la Convention sur l’avenir de l’Europe. Il y mène des actions qui lui valent la médaille d’or de la Fondation Jean Monnet pour l’Europe et, en 2002, le prix international Charlemagne d’Aix-la-Chapelle. En 2003, Valéry Giscard d’Estaing propose la Constitution européenne, à laquelle la France dit « non » lors d’un référendum. Il quitte la vie politique en 2004, à 78 ans, échouant à l’élection pour un quatrième mandat de président de région, mais continue à prendre part au débat public sur la politique et l’économie en France. Homme de lettres, Valéry Giscard d’Estaing combine politique et écriture. Son premier essai, Démocratie française, paraît pendant son mandat, en 1976, et une compilation de ses discours et de son bilan économique, L’État de la France, en 1981. Les deux essais suivants sont des ouvrages de réflexions politiques et idéologiques relatifs à ses aspirations politiques – Deux Français sur trois et Dans cinq ans, l’an 2000. Et en 2014, Europa, la dernière chance de l’Europe, paraît. Entre 1988 et 2006, il publie, en trois tomes, ses mémoires intitulées Le Pouvoir et la Vie. Il est également l’auteur de quatre romans : Le passage (1994), La Princesse et le Président (2009), La Victoire de la Grande Armée (2010) et Mathilda (2011). Valéry Giscard d’Estaing a vendu son château de la Varvasse, à Chanonat, ainsi que ses meubles au profit de la Fondation Valéry Giscard d’Estaing, en 2011. Il était plusieurs fois décoré aussi bien en France qu’à l’Étranger. Sept lieux publics sont baptisés de son nom.