Nécrologie de Pape Diouf

Pape Diouf, ancien président du club de foot Olympique de Marseille, est décédé le 31 mars

Pape Diouf

Pape Diouf, un grand président nous quitte

Pape Diouf, ancien président du club de foot Olympique de Marseille, est décédé le 31 mars à Dakar, au Sénégal. Il succombe à 68 ans des suites des complications du coronavirus dont il a été victime. C’est la deuxième personnalité du football français emporté par cette maladie.

Seul président « noir » d’un club européen évoluant en première division de son époque

Pape Diouf, ses débuts dans le monde du sport

Né le 18 décembre 1951 au Tchad à Abéché, celui que l’on surnomme Pape Diouf ou Papa Diouf, est né sous le nom de Mababa Diouf.

Bien que d’obédience musulmane, il a fait ses études dans des écoles catholiques avant que son père ne l’envoie en France, à Marseille, à l’âge de 17 ans. Il souhaite que comme lui, il devienne militaire. Mais Pape Diouf a préféré entamer des études politiques et intègre un institut à Aix-en-Provence. Il abandonne ses études pour entrer aux PTT (Postes, Télégraphes et Téléphones). Il y rencontre Toni Salvatori qui le fera embaucher comme pigiste, puis employé à plein temps au journal La Marseillaise. Il a pour mission de couvrir les actualités de l’Olympique de Marseille. Il y travaillera pendant 12 ans avant d’intégrer l’équipe du quotidien national sportif Le Sport.

Suite au dépôt de bilan de ce journal, Pape Diouf se reconvertit et devient organisateur de jubilés de joueurs en Afrique, tels que Eusebio ou Saar Boubacar. Puis il devient agent de plusieurs joueurs marseillais dont Basile Boli, Joseph-Antoine Bell, Marcel Desailly, Didier Drogba ou encore Samir Nasri entre autres.

Pape Diouf, président de club

Pape Diouf est surtout connu des amateurs de foot comme président du club de l’Olympique de Marseille de 2005 à 2009. Mais auparavant, il était d’abord le manager général du club où il était chargé des affaires sportives, puis président du directoire avant d’en devenir le président.

Fervent défenseur de ses joueurs et de son club, il a conquis les supporters les plus récalcitrants grâce à sa franchise et son éloquence apprises sur les bancs de l’Institut d’ Etudes Politiques (IEP) d’Aix-en-Provence. L’OM longtemps privé de grandes victoires avait plus que besoin d’être motivé. Malgré quelques controverses qui lui ont valu la colère du public français (il a envoyé une équipe composée de « minots », non titulaires et parfois encore amateurs, affronter le Paris SG lors de la 30e journée de championnat en Ligue 1), sous sa présidence, le club progresse. Il se voit qualifié régulièrement en Ligue des Champions et accède à la finale de la Coupe de France en 2006 et en 2007. C’est ainsi qu’à la fin de son mandat, l’OM passe de la cinquième place à la seconde dans la hiérarchie du foot français.

Pape Diouf, l’homme politique

Seul président « noir » d’un club européen évoluant en première division de son époque, Pape Diouf déplore le racisme et dénonce l’exclusion des minorités ethniques notamment en France. Il est nommé à l’attribution de la Légion d’honneur par François Hollande en 2012 et reçoit ses insignes en 2013.

Fort de sa notoriété, il se présente aux élections municipales de 2014 à Marseille. Il fait campagne à travers un clip portant le même titre que la liste de laquelle il prend la tête : « Changer la donne ». C’est un collectif composé d’écologistes, d’associations et de personnalités de la société civile qui termine à la cinquième position avec seulement 5,63% des voix.

Malgré cette défaite, Pape Diouf reste une image emblématique du foot français, mais également de l’Olympique de Marseille. Ses joueurs le qualifient d’ange gardien ou encore de mentor. Avec le décès de Papa Diouf, ce n’est pas seulement l’Olympique de Marseille qui est en deuil, mais bien tout le foot français. Il aura laissé une empreinte indélébile dans leur histoire respective. On se souviendra longtemps encore de cet homme qui du haut de son mètre quatre-vingt-dix était toujours élégant et posé.