Nécrologie de Jean-Paul Belmondo

Jean-Paul Belmondo, icône du cinéma français et tendrement surnommé « Bebel », est décédé le lundi 6 septembre 2021 à son domicile de Paris. A chacune de ses apparitions, Jean-Paul Belmondo avait toujours le sourire aux lèvres. Victime d’un AVC en 2001, il mit plusieurs années à s’en remettre. Il est mort à l’âge de 88 ans.

Jean-Paul Belmondo, itinéraire du théâtre au cinéma

Jean-Paul Belmondo est né le 9 avril 1933, à Neuilly-sur-Seine. Peu porté sur les études, il se tourne d’abord vers sa passion, la boxe, avant de devenir acteur. Il suit des cours de théâtre avant d’intégrer le Conservatoire en 1952. C’est au théâtre que Jean-Paul Belmondo fait ses débuts dès 1953, dans une pièce de Jean Anouilh, Médée, et de Georges Neveux, Zamore. En 1956, il joue dans le film, Les Copains du dimanche, qui ne trouve malheureusement pas de distributeur avant 1967. Il retourne alors sur les planches. En 1958, il n’obtient qu’un petit rôle dans Sois belle et tais-toi, de Marc Allégret, qui, par la suite, lui permet d’être présent dans Un drôle de dimanche. Si le film est un échec commercial, le talent de Jean-Paul Belmondo est salué par les critiques.
Il est alors recruté par Jean-Luc Godard et lance ainsi le mouvement dit « Nouvelle vague ». Mais mobilisé sous les drapeaux pour servir en Algérie, il quitte la France et c’est seulement à son retour qu’il se met en quête de nouveaux rôles. En 1960, il tient un premier rôle dans À double tour, de Claude Chabrol. Entre-temps, il tourne pour la Nouvelle vague mais aussi pour la télévision. À ce titre, il interprète d’Artagnan dans Les trois mousquetaires, diffusé en direct pour Noël 1959. Ce rôle lui permet de gagner en notoriété.
Le film À bout de souffle, sorti en 1960, lance sa carrière au cinéma. Il se démarque par sa capacité à jouer des rôles différents, mais aussi par son aptitude physique. En effet, Jean-Paul Belmondo est sans doublure dans des scènes jugées mouvementées. Révélé par ses films, il est aussi sollicité par le cinéma italien. C’est le film Cartouche, de Philippe de Broca, qui fait sa renommée. Il est perçu comme un héros d’aventures.

C’est également à cette époque que son ami Henri Deschamps le taquine en l’appelant « Bebel ».

En 1963, il est élu président du Syndicat français des acteurs. Durant cette décennie, il tourne 34 films, faisant de lui une figure de premier plan du cinéma français : Jean-Paul Belmondo s’illustre aussi bien dans les films d’aventures, dramatiques que les comédies. C’est également à cette époque que son ami Henri Deschamps le taquine en l’appelant « Bebel ».

En 1963, il est élu président du Syndicat français des acteurs. Durant cette décennie, il tourne 34 films, faisant de lui une figure de premier plan du cinéma français : Jean-Paul Belmondo s’illustre aussi bien dans les films d’aventures, dramatiques que les comédies. C’est également à cette époque que son ami Henri Deschamps le taquine en l’appelant « Bebel ».

Les années 1970 sont tout aussi prolifiques pour Jean-Paul Belmondo. Il est à l’apogée du succès avec des films qui rencontrent leur public. Il tourne sous la direction de réalisateurs célèbres comme Philippe de Broca, Henri Verneuil, Claude Chabrol ou José Giovanni.
Il fonde aussi, en 1971, sa maison de production, Cerito Films, et produit son premier film Stavisky (1974). Sa notoriété ne cesse de croître grâce, notamment, à ses cascades dans quelques films, mais aussi à sa désinvolture.
À la suite de ses blessures sur le tournage de Hold-up (1985), Jean-Paul Belmondo cesse de tourner des films d’action. L’échec commercial du polar Le Solitaire, sorti en 1987, le pousse à revenir sur les planches. L’année suivante, il tourne dans Itinéraire d’un enfant gâté, dans lequel il tient le premier rôle. Grâce à ce rôle, il gagne le César du meilleur acteur en 1989. Il quitte, par la suite, le cinéma pour le théâtre et ne revient qu’en 1992 pour L’Inconnu dans la maison suivi trois ans plus tard de Les misérables. Après quoi, il est moins présent à l’écran et davantage sur les planches.
En 1998, il joue pour la dernière fois au théâtre, dans Frédérick ou le boulevard du crime, pour se consacrer au cinéma. Mais, en 2001, victime d’un accident vasculaire, il est tenu de suivre une rééducation le tenant loin des tournages jusqu’en 2008, où on le retrouve dans le film dramatique Un homme et son chien. Il reçoit en 2011 une Palme d’honneur au Festival de Cannes et la médaille de chevalier de l’Ordre de Léopold ainsi qu’un Coq de Cristal (2012) pour l’ensemble de sa carrière. En 2016, il reçoit le Lion d’or pour sa carrière, lors de la Mostra de Venise. L’Académie des César lui rend hommage sous forme de vidéo rétrospective, en 2017.

Jean-Paul Belmondo, ses rôles les plus marquants au cinéma

Jean-Paul Belmondo est sans conteste une icône du cinéma français. En effet, tout au long de sa carrière cinématographique, plus de 160 millions d’entrées sont enregistrées. Il joue dans quatre des films les plus vus en France entre 1969 et 1982. Il s’agit de Le cerveau (1969), Peur sur la ville (1975), L’Animal (1977) et L’As des as (1982). Dans Cartouche (1962), Jean-Paul Belmondo s’impose comme un acteur de héros, de cape et d’épée.

Plusieurs de ses films sont également devenus des classiques du cinéma français : À bout de souffle (1960), un film emblématique de la Nouvelle Vague, Léon Morin, prêtre (1961), Un singe en hiver (1962), L’Homme de Rio (1964), Borsalino (1970), Flic ou Voyou (1979) ou encore le Professionnel (1981). Le titre de ce dernier film est aussi un nom qu’on lui donne, tant il a marqué les esprits par ses cascades sans doublure. Dans Itinéraire d’un enfant gâté (1988), réalisé par Claude Lelouch et produit par Jean-Paul Belmondo, il tient le rôle de Sam, directeur de cirque qui simule sa mort et est rattrapé par son passé. Une interprétation qui lui vaut un César.

Jean-Paul Belmondo avait créé le Prix Belmondo dans les années 1980, pour récompenser un sculpteur contemporain. Ce prix est un hommage à son père qui s’était vu refuser son œuvre au détriment du César. Il est élevé commandeur de la Légion d’honneur en 2007.
Le nom de ce monstre du cinéma français résonnera sans doute encore dans les années à venir.