Nécrologie de Jean-Claude Carrière

Décès de Jean-Claude Carrière, homme de littérature et de cinéma.

Jean-Claude Carrière, son décès

Jean-Claude Carrière, écrivain, scénariste, parolier, mais également acteur, est décédé dans la nuit du 8 au 9 février 2021, à Paris. Selon sa fille, il se serait éteint paisiblement dans son sommeil. Celui qui se qualifiait de « conteur » avait mis son talent au service du cinéma et du théâtre. Il avait 89 ans.

Il reçoit, en 1983, le César du meilleur scénario pour Le retour de Martin Guerre.

Jean-Claude Carrière et l’écriture

Jean-Claude Carrière est né le 17 septembre 1931 à Colombières-sur-Orb, dans l’Hérault. Après avoir obtenu une licence de Lettres et une maîtrise d’Histoire, il décide de se tourner vers l’écriture et le dessin. Sous le pseudonyme de Benoit Becker, il publie son premier roman, Lézard (1957) ainsi que des romans d’épouvante. Puis, dans les années 1960, il commence à écrire des scénarii pour le cinéma. Il co-écrit d’ailleurs plusieurs courts et longs métrages pour le cinéma avec Jacques Tati et Pierre Étaix. C’est sa collaboration avec Luis Buñuel (1964) qui lance sa carrière de scénariste. Ils travaillent ensemble pendant près de deux décennies, jusqu’à la mort du réalisateur. On peut citer parmi ces scénarii : Le Journal d’une femme de chambre (1964), Belle de jour (1967), Le charme discret de la bourgeoisie (1972) ou encore Le fantôme de la liberté (1974). Entre-temps, Jean-Claude Carrière publie plusieurs romans, dont Les plus belles lettres d’amour (1962), Dictionnaire de la bêtise et des erreurs de jugement (1965) ou Le pari (1972), Cet obscur objet du désir (1977). Il est également l’auteur de nombreux scénarii pour le cinéma : Tant qu’on a la santé (1966), Le grand amour (1969), Borsalino (1970), Le gang (1976)… Il est également dramaturge et écrit des pièces de théâtre. À ce titre, il est l’auteur de L’aide-mémoire (1968) et de Le Client (1971). C’est seulement en 1978 qu’il travaille, pour la première fois, pour la télévision. Il écrit les scénarii de téléfilms dont Le franc-tireur et Photo souvenir. Apprécié des réalisateurs et des metteurs en scène, Jean-Claude Carrière est sollicité pour son écriture. Il reçoit, en 1983, le César du meilleur scénario pour Le retour de Martin Guerre. Il excelle également dans l’adaptation d’œuvres littéraires au grand écran, comme L’insoutenable légèreté de l’être (1988) ou encore Cyrano de Bergerac (1990). Le dernier scénario qu’il écrit est celui de Le Sel des larmes (2020). Il ne délaisse pas pour autant le théâtre : La Controverse de Valladolid (1999), Trente ans à peine (2003)… Quant à l’écriture littéraire, Jean-Claude Carrière publie la biographie de Luis Buñuel Mon dernier soupir (1982), Le Retour de Martin Guerre (1983), La Paix des braves (1989), La Force du bouddhisme (1994), Le Dictionnaire des révélations historiques et contemporaines (1997), La conférence des oiseaux (2008), La Paix (2016) et dernièrement Le Mahâbhârata (2019).

Jean-Claude Carrière, adapteur et acteur

S’il est surtout connu comme écrivain et scénariste, Jean-Claude Carrière est aussi un acteur. En effet, il participe au tournage de films dont le premier en 1964, Le journal d’une femme de chambre. Il fait ainsi des apparitions dans plusieurs films avec des seconds rôles qui, parfois, peuvent passer inaperçus. Ainsi, il tient un rôle dans quelques films : La voie lactée (1969), Un peu de soleil dans l’eau froide (1971), Photo souvenir (1978), Jaya, fille du Gange (1998), Buñuel et la Table du Roi Salomon (2001) ou encore Copie conforme (2010).
Talentueux, il travaille également sur des adaptations pour le théâtre comme Harold et Maude (1973), La Conférence des oiseaux (1978), Un jardin en désordre (1987), Une odyssée (2001), Chants d’amour de Roumi (2009)… Sa dernière adaptation date de 2015 avec Anna Christie.

Passionné par les religions et les voyages, Jean-Claude Carrière publiait également des récits ou des essais sur ces thèmes. Il était également parolier. Il avait ainsi écrit des chansons pour Juliette Gréco, Brigitte Bardot ou Jeanne Moreau. Il fut plusieurs fois récompensé pour ses scénarii et adaptations. Selon Gilles Jacob (ancien président du Festival de Cannes), le cinéma français perd certainement son meilleur scénariste.